Fintechs : à la conquête de l'assurance-vie

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Mis à jour le
23/10/2019

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De plus en plus de fintechs misent sur l’innovation d’un produit bien connu : les contrats d’assurance-vie.

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FinTech
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Épargne

Les fintechs sont performantes dans une multitude de domaines mais de plus en plus d’entre elles misent sur l’innovation d’un produit bien connu : les contrats d’assurance-vie. Le principe de l’assurance-vie est simple : un souscripteur verse des primes ainsi que des frais de gestion. En échange, l’assureur investit les primes et en retire les intérêts. L’assureur verse alors une rémunération au souscripteur dont le taux varie en fonction du support utilisé : en euros, en unités de compte ou multi-supports. Le contrat se termine à la date prévue, si l’assuré est en vie. Dans le cas d’un décès, le capital est versé au bénéficiaire du contrat. Pour les fintechs, proposer d’offrir une solution de gestion de patrimoine innovante au plus grand nombre représente une véritable valeur ajoutée. Quels sont les avantages de l’automatisation des contrats d’assurance-vie ? Quelles sont les fintechs qui bouleversent ce secteur  ? 

Fintech et assurance-vie : le combo gagnant mais pourquoi ?

Un offre plus complète et moins chère 

L’assurance-vie est un contrat très populaire en France puisque 44% des ménages souscrivent en moyenne à au  moins un contrat. Cependant la gestion dynamique bancaire est souvent remise en question et ce produit reste coûteux. 

Les frais de ces contrats d’assurance sont de l’ordre de 3 à 5% sur les versements et certains assureurs vont même jusqu’à prélever 1% du capital par an en plus pour les frais de gestion. En outre, 80% des investissements sont faits sur des fonds euro, hors ceux-ci sont en baisse depuis quelques années. Concrètement, le rendement moyen après avoir soustrait les frais de gestion s’élevait à 1,6% en 2018 contre 1,83 en 2017, soit une performance négative après prélèvements sociaux (17,2%) et après inflation (1,8%). 

Par conséquent, pour obtenir de meilleures performances, les assureurs ont recours à des unités de compte comme des fonds en actions ou en obligations d’entreprises qui évoluent à la hausse ou à la baisse en fonction de l’évolution des marchés financiers. Mais là aussi les frais peuvent être importants. En plus des frais du contrat d’assurance-vie, les frais des fonds d'investissements sont en moyenne de 1,5 à 2% par an. Au final, faire gérer des unités de compte sur un contrat classique ou un contrat internet coûte 2,5% à 3%.

 fintechs assurance vie

Les fintechs s’attaquent donc principalement à ces frais-là. Ainsi, non seulement les frais sur versements sont supprimés, mais les frais de gestion sont largement réduits. Au total, ils ne dépassent pas 1,65% par an, soit l’équivalent de ceux d’un fonds d’investissements avec le contrat d’assurance-vie en prime. Ces frais sont donc divisés par deux par rapport à la moyenne. Cette baisse est rendue possible par l’utilisation d’ETF (Exchange Traded Fund, aussi appelés fonds indiciels ou trackers). Un ETF est un ensemble de titres - comme des actions - qui suivent un indice sous-jacent. L'exemple le plus connu est le SPDR S&P 500 ETF (SPY), qui suit l'indice S&P 500. Les ETF peuvent contenir de nombreux types de placements, y compris des actions, des commodities, des obligations ou une combinaison de types de placements. Un fonds négocié en bourse est un titre négociable, c'est-à-dire qu'il a un prix associé qui lui permet d'être facilement acheté et vendu. Ces fonds proposent des frais jusqu’à 10 fois moins élevés que les unités de compte classiques.

En résumé, les fintechs adoptent une politique tarifaire transparente tout en soutenant la performance des contrats d’assurance-vie. Le coût amoindri des fintechs s’explique par l’automatisation du processus, la réduction des intermédiaires et l’utilisation d’ETF à la place d’unités de compte classiques. 

L’assurance-vie accessible au plus grand nombre

Les contrats d’assurance-vie proposés par les fintechs sont généralement plus accessibles que ceux de leurs concurrents traditionnels. En effet, les fintechs s’adressent à tous types d’investisseurs, y compris les plus modestes. Alors que les sociétés de gestion n’acceptent comme client que ceux qui ont une épargne conséquente. 

En outre, du fait de leur simplicité d’utilisation les fintechs peuvent cibler de nouveaux utilisateurs comme les millennials.

Une gestion pilotée des contrats d’assurance-vie

En supprimant et en digitalisant une partie des démarches administratives, les fintechs représentent un gain de temps pour leurs clients, habitués à des échanges par courriers, par téléphone ou encore des espaces en ligne archäiques chez leurs banques et assurances traditionnelles. 

Grâce aux fintechs, les démarches se font en ligne de manière sécurisée et la donnée est accessible de manière transparente. Elle offre des services de  :

  • Souscription en ligne avec signature électronique 
  • Conseil personnalisé qui prend en compte la situation financière et les objectifs d’investissement du client. On peut visuellement simuler l’évolution de son assurance-vie selon divers scénarios.
  • Réalisation des opérations courantes de l’utilisateurs directement sur l’espace client sans passer par un interlocuteur bancaire
  • Répartition du portefeuille d’actifs par poche selon les projets financiers de l’utilisateur comme sa retraite ou encore le financement des études de ses enfants.

En résumé, les fintechs représentent un gain de temps pour leur utilisateurs ainsi que l’accès à des outils de reporting et de conseil rapides et compréhensibles de tous. 

Un conseil personnalisé 

Certaines start-ups proposent un service de conseil personnalisé en fonction du profil du client grâce aux technologies qu’elles emploient comme les robo-advisors. Ces nouveaux produits complexes permettent d’accéder à une gestion d’actifs personnalisée et sont accessibles dès 1000 euros d’investissement initial. Loin d’être des réponses standardisées, les robo-advisors adaptent leurs recommandations au différents projets de l’utilisateurs car un achat immobilier ne se prépare pas de la même façon qu’une succession. Cette pratique s’appelle également le Goal Based Investing (GBI). Cette approche relativement nouvelle de la gestion de fortune, met l'accent sur l'investissement dans le but d'atteindre des objectifs de vie spécifiques. Le GBI consiste pour les clients d'un gestionnaire de fortune ou d'une société d'investissement à mesurer leurs progrès vers des objectifs de vie spécifiques, plutôt que de se concentrer sur la génération du meilleur rendement possible du portefeuille ou sur le dépassement du marché.

Les fintechs ne mettent d’ailleurs pas de côté tout conseil humain. Par exemple pour les démarches patrimoniales certaines d’entre elles proposent les services de conseillers au téléphone ou sur rendez-vous. 

Le niveau de service des fintechs est donc largement équivalent à celui proposé par les banques traditionnelles avec de surcroît un caractère accessible et abordable. 

Trois fintechs qui ont bouleversé le secteur de l’assurance-vie 

Yomoni - Le gestionnaire d’épargne 2.0

Yomoni développe depuis 2015 un robo-advisor, spécialisé dans les contrats d’assurance-vie investis en ETF. La start-up propose le contrat Yomoni Essentiel entièrement accessible en ligne et ce dès 1 000 euros d’épargne. Ce contrat permet de choisir un mandat de gestion en fonction de son aversion au risque. Yomoni a pour vision de démocratiser la gestion de fortune en France. Depuis ses débuts, l’entreprise a eu plus de 100 millions d’euros sous gestion provenant de plus de 10 000 clients. Elle utilise le prix élevés des unités de compte comme principal argument commercial. Les frais de son contrat s’élèvent à 0 euro sur prime pour un ticket d'entrée de 1000 euros et 0,6 % à 0,7 % de gestion annuelle (+0,7 % pour une gestion mandatée).

Grisbee - Le coach financier 360°

Grisbee, est une start-up ayant pour ambition de digitaliser le conseiller en gestion de patrimoine (CGP). Après avoir créé l'agrégateur «Défiscalisator» (sous l'entreprise Finansemble) en 2013, les quatre associés de Grisbee misent sur les algorithmes et, à terme, l'intelligence artificielle pour gérer comptes courants, épargne, immobilier, bourse et placements. Grisbee veut délivrer les meilleurs conseils personnalisés et les meilleurs rendements aux particuliers. La startup propose à ses 2000 utilisateurs, différents types de gestion : la gestion libre (deux fonds en euros, 300 unités de compte) et la gestion pilotée divisée en trois profils (prudent, équilibré, dynamique). Grisbee réalise un diagnostic complet de la situation financière de l’épargnant et lui permet de suivre son patrimoine en temps réel.  Les frais de ses contrats s’élèvent à 0 euro sur prime pour un ticket d'entrée de 1.000 euros et 0,6 % (+ 0,2 % pour gestion mandatée par Carmignac).

Nalo - Les investissements intelligents

Lancée en novembre 2017, la start-up Nalo propose à chacun de ses clients des allocations thématiques affinées et adaptées à chacun de ses projets d'épargne de plus ou moins long terme. Ce sont notamment les seuls à proposer une allocation ETF 100 % ISR (investissement socialement responsable) clefs en main. Les frais de son contrat s’élèvent à 0 euro sur prime pour un ticket d'entrée de 1000 euros et 0,85 % (+ 0,55 % pour gestion mandatée).

L’automatisation des contrats d’assurance vie permet donc de réduire les frais de gestion mais aussi de les rendre accessible aux plus grand nombre en s’adressant d’une part aux personnes ayant des plus petites enveloppes de versement mais aussi aux millennials. Les innovations dans ce secteur permettent également à leurs utilisateurs de gagner en visibilité sur les options d’investissement et ainsi mieux piloter la gestion de leur argent mais aussi de bénéficier de conseils personnalisés en fonction de leur profil.