Fintechs : l'avenir du paiement

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Mis à jour le
23/10/2019

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Nous détaillerons les fintechs offrant de nouveaux services de paiements ainsi que les conséquence liées à l’Open Banking et à l’évolution des GAFAs

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Avec l’émergence des nouvelles technologies, les utilisateurs ont le désir de regagner en autonomie. Par exemple, ils souhaitent pouvoir gérer la température de leur appartement ou encore payer leur facture d’électricité en quelques minutes via leur smartphone. Du côté des services bancaires, les utilisateurs souhaitent pouvoir transférer de l’argent ou payer rapidement sans avoir à passer par le retrait de billets en borne automatique ou encore par un appel à leur banquier. Le même constat peut être fait pour les professionnels qui s’attendent désormais à pouvoir gérer leurs tâches administratives et financière en quelques clics. Au sein de l’écosystème fintech, une multitude de solutions de paiement B2B et B2C se développent pour répondre aux nouveaux besoins des utilisateurs. Dans cet article, nous détaillerons certains de ces nouveaux services de paiements ainsi que les conséquences liées à l’Open Banking et à l’évolution des GAFAs dans ce secteur. 

Les nouvelles fintechs proposant des services de paiements 

Les tendances  B2C : des solutions cohérentes aux comportements des individus

Il y a quelques années, mis à part les établissements bancaires, les options étaient peu nombreuses pour obtenir une carte de crédit, un chéquier ou encore retirer des espèces. En effet, longtemps considéré comme le cheval de bataille d’une banque traditionnelle, le paiement est aujourd’hui au coeur des innovations en France. La course à la fidélisation des clients est lancée. En effet, le paiement est le point d'entrée accessible et attractif qui permet par la suite de pouvoir offrir des services financiers au coeur du modèle de croissance de l’entreprise. L’objectif est de collecter les données client pour pouvoir adapter ses offres aux préférences des clients. La directive européenne DSP2 a favorisé l’émergence de nouveaux entrants sur le marché des transactions en organisant la concurrence dans ce secteur et en encourageant l’innovation dans ce domaine. 

Au sein de ce nouvel écosystème B2C on retrouve donc une panoplie de services comme les cagnottes en ligne ou les applications de remboursement entre particuliers.

Les services de paiement 

Les clients des banques traditionnelles ont longtemps protesté contre les délais des transferts d’argent entre particuliers. De nouvelles applications comme Lydia et Pumpkin ont saisi cette opportunité pour proposer aussi bien des transactions en instantané, en ligne ou en proximité avec son mobile. Ses usagers utilisent en priorité la fonction de transfert d'argent instantané mais à mesure de leur appropriation les transactions faites avec des commerçants se font de plus en plus nombreuses. 

Les cagnottes en ligne

La mise en commun d’argent pour les cadeaux ou les projets communs était très compliquée avant l’arrivée de Leetchi. Cette start-up comptant plus de 7 millions d’utilisateurs est utilisée dans plusieurs pays européens. Depuis 2015, la start up fait partie de Crédit Mutuel Arkéa et a lancé Mangopay, une solution simple de paiement pour les plateformes de e-commerce et de crowdfunding. 

Les tendances B2B : des solutions adaptées aux petites et moyennes entreprises

Une multitudes de services de paiements se développent également côté B2B pour optimiser la gestion de la trésorerie, la gestion des paies ou encore le paiement sur les plateformes de e-commerce

Les néo-banques 

A l’image des services créés pour les particuliers, les néo-banques s’attèlent aux besoins des professionnels et des PMEs. Ce marché est d’envergure car il existe plus de 3,8 millions de PME et de micro-entreprises en France. Qonto et MargoBank, des applications de compte bancaire offre des services classiques d’ouverture de compte et d'émission de carte bancaire mais seulement plus rapidement. Grâce à ces applications les comptes peuvent être ouverts en moins de 10 minutes et les cartes reçues en moins de trois jours. Leur base de client a pour vocation de grossir étant donné la croissance du nombre de micro-entreprises immatriculées par mois. En Janvier 2019, plus de 60 000 entreprises ont été immatriculées, ce qui représentait un record depuis le début des années 2000. 

La gestion de la trésorerie 

Certaines fintechs ont décidé de s’attaquer à la gestion de trésorerie pour les TPE/PME en France. En effet, ces petites et moyennes entreprises ont du mal à se faire payer leurs factures clients en temps voulus. Selon le dernier rapport annuel de l'Observatoire le délai moyen était de 11 jours en 2018.

Edebex, Clearnox ou encore Finexkap ont donc crée des plateformes permettant de financer la trésorerie de ces entreprises en leur rachetant les factures en attente de paiement. Cette pratique, aussi appelée “l’affacturage” est alors simplifiée et digitalisée et permet à aux entreprises de se concentrer sur leur activité principale.

La gestion des paies

Payfit, la fintech ayant levé plus de 70 millions d’euros en juin a développé une solution SaaS innovante permettant d’automatiser la gestion des paies en entreprises. Parmi ses nouveaux services, elle propose également la gestion des notes de frais et des congés payés.  Cette start-up vise en priorité les TPE/PME mais également de plus en plus de grands-comptes. La start-up souhaite maintenant se lancer dans l’acquisition d’autres solutions administratives et financières pour renforcer l’éventail de services qu’elle propose.

Outils de paiement pour le e-commerce

Avec l’essor des marketplaces, plusieurs solutions de paiement par prélèvement bancaire se sont développées pour améliorer l’expérience utilisateur. C’est le cas de SlimPay qui propose un outil de paiement par prélèvement bancaire optimisé pour les transactions en ligne récurrentes. De même, Limonetik a développé une plateforme de services de paiements internationaux pour les e-marchands. Cette entreprise connecte aujourd’hui tous les types de moyens de paiements, même les plus innovants, aux différentes entreprises du e-commerce. Son objectif est de dynamiser les pages de paiements pour enrichir l’expérience utilisateur.

D'autres solutions B2B comme Checkout ou Stripe offrent un ensemble d'API et d'outils unifiés qui permettent aux entreprises d'accepter et de gérer instantanément tout type de paiement en ligne. Fondée par un suisse en 2012, Checkout a annoncé en mai une levée de fonds de 230 millions de dollars. Cette levée catapulte la start-up au rang des licornes fintechs valorisées plus d’un milliard de dollars.

Comment les fintechs peuvent-elles répondre aux enjeux de l’Open Banking ?

L’Open banking est une mesure imposant aux banques de partager les données de paiement des clients dont ils ont l’accord avec des services tiers. Ces services tiers peuvent exploiter ces données pour développer des services d’information sur les comptes ou initier des paiements. Cette mesure s'accompagne donc d’une transformation majeure de l’écosystème bancaire. En terme d’opportunité, l’open banking permet aux banques de pouvoir offrir de nouveaux services de gestion des identités. Ces services pourraient dégager de nouvelles sources de revenus pour elles. Toutefois, cela pourrait également engendrer une baisse de certaines de leur rente. En effet, cette mesure représente un véritable atout du côté des start-ups qui peuvent alors venir se placer en amont ou en aval de la proposition de valeur d’une banque traditionnelle et ainsi à terme capter une partie de leur clientèle

Par exemple, les trois agrégateurs français Bankin', Budget Insight et Linxo ont chacun obtenu leurs deux agréments DSP2, du nom de la directive européenne sur les données de paiement entrée en vigueur le 13 janvier. Grâce à ces aux statuts AISP pour l'agrégation et PISP pour le déclenchement des paiements, ces fintechs sont authentifiées par les banques lorsqu'elles souhaitent accéder aux données de paiement de leurs utilisateurs. Cela leur permettra également d'exécuter des transferts directement à partir de leurs applications. Mais ces agréments DSP2 ne sont pas exclusivement réservés aux agrégateurs. La plateforme spécialisée dans les paiements multi-devises pour les PME, IBanFirst vient de remporter ces précieux statuts ainsi que la néo-banque précédemment citée, Qonto

Banques vs Fintechs vs GAFAs: la bataille du paiement est-elle lancée ?

Aujourd’hui, dans l’industrie de la finance, les banques traditionnelles continuent de concentrer la plupart des services. Elles ne voient donc pas les fintechs dans le secteur du paiement comme étant de vraies menaces mais plutôt comme étant des potentielles cibles d’acquisitions pour digitaliser et améliorer l’expérience de leurs clients. Cependant la vraie menace pourrait venir des GAFAs. En effet, les GAFAs proposent d’ores et déjà des solutions de paiement mobile comme Apple pay ou Google pay et détiennent la plupart des informations précieuses sur leurs clients. En juin 2019, Facebook a finalement révélé les détails de sa nouvelle monnaie, le Libra. Les utilisateurs pourront acheter ou encaisser leur balance de Libra en ligne ou les utiliser dans des commerces locaux comme les épiceries. Ils pourront dépenser cette monnaie en utilisant des applications de portefeuille tierces interopérables ou le portefeuille Calibra de Facebook qui sera intégré à WhatsApp et à Messenger. Facebook envisage un lancement public dans la première moitié de 2020.

Reste à savoir qui arrivera à capter la part de marché la plus importante et donc arriver en tête de la chaîne de valeur des services de la finance. Fintech, GAFAs ou banques traditionnelles, la course est lancée !

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