Fintechs : l'innovation au service de la finance

Business Developer
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Last Update : 26 mars 2020

Apparu pour la première fois dans les années 80, le terme fintech est une contraction de “finance” et “technologie”. Ce terme désigne l’ensemble des solutions innovantes utilisant différentes technologies du numérique telles que l’intelligence artificielle ou la visualisation de données, pour fournir des services financiers améliorés. 

Qu’est ce que la Fintech ?

Lorsque la fintech est apparue, cette dernière désignait l’ensemble des technologies back-end au service des grandes institutions financières. Aujourd’hui, une multitude de start-ups se développent chaque année, offrant des services divers de paiement, de financement, d’épargne, d’investissement ou de gestion financière directement à leurs utilisateurs. Selon KPMG, en 2015, 47 milliards de dollars ont été investis dans les start-ups de ce secteur. Cependant si les innovations fintechs attirent de plus en plus les investisseurs, la plupart des capitaux restent confinées dans l’industrie bancaire traditionnelle et sa capitalisation boursière de plusieurs centaines de milliards de dollars. 

Les différents types d’entreprises dans la fintech

La fintech est un secteur transverse englobant des industries diverses. Il existe donc beaucoup de manière de classer les fintechs. Ici, nous présenterons la classification 2019 de France Fintech :

Les services de financement, d'investissement et d'épargne 

Le premier secteur sur le marché des fintechs aujourd’hui est celui des services de financement, d’investissement et d’épargne. Ce secteur représente 44% des sociétés fintechs

Parmi ces services on trouve : 

  • des plateformes de financement participatif ou “crowdfunding” : comme SoWeFund, Anaxago, Lendopolis ou Babyloan
  • des robo-advisors pour la gestion de patrimoine ou la micro-épargne comme MonPetitPlacement ou We Save
  • des services de financement à court-terme ou d’affacturage comme Baobab, Youtil ou LoanSquare
  • des plateformes de cryptomonnaies ou de tokénization d’actifs comme CoinHouse ou Variabl
  • des algorithmes de trading comme Novasparks ou Oh My George
  • des plateformes de courtage de crédit et de crédit à la consommation comme Pretto, Hello Prêt ou Alma
  • des sociétés d’analyses de données comme Estimeo ou EarlyMetrics 

La Paytech

La deuxième catégorie qui réunit 19 % des entreprises de l’écosystème fintech est la paytech. La paytech désigne l’ensemble des solutions facilitant les paiements des particuliers aux entreprises ou de particulier à particulier ainsi que les programmes de fidélisation. Dans cette catégorie, il existe des nouvelles technologies de PoS (Point of Sales) pour faciliter les paiements dans l’industrie du retail ou sur les plateformes de e-commerce comme Tiller ou MangoPay. Cette catégorie comprend également des plateformes de transfert d’argent comme Lydia, Pumpkin ou SharePay et des programmes de fidélisation ou de cashback comme Joko ou Smart Push

La Regtech 

La troisième catégorie représentant 17% du marché réunit les acteurs oeuvrant sur le secteur de la “regulatory technology” autrement appelée RegTech. Ces acteurs digitalisent différents services de régulation comme :

  • la gestion du risque : la start-up DreamQuark, par exemple, détermine à partir des données de ses clients les profils susceptibles d’acheter des produits financiers ou de résilier leurs contrats. Il proposent alors une série de mesures efficaces pour les retenir et lutter contre le blanchiment d’argent ou la fraude;
  • la gestion des contrats : Papernest permet aux particuliers lors de leur déménagement de résilier, transférer et souscrire leurs contrats ainsi que de faire une simulation pour leur crédit immobilier
  • les opérations et le reporting : Saagie collecte, analyse et traite tout type de données d'une entreprise;
  • les paies et les avantages salariaux : Payfit optimise la gestion des salaires et Spendesk la gestion des notes de frais;
  • la cybersécurité : Ledger offre une solution de sécurisation de crypto-monnaies.

L'Insurtech 

La quatrième catégorie qui regroupe 12% des fintechs concerne les technologies d’assurance, autrement appelées insurtechs. Sur ce créneau, on trouve des services d’assurance à la demande comme Luko qui a développé une offre d’assurance habitation pour les appartements. Cette start-up s'engage à prélever 30% des cotisations pour payer ses équipes et gérer les sinistres puis à placer les 70% restants dans un fonds commun qui a pour but de dédommager les assurés en cas de sinistre, le solde en fin d'exercice est ensuite reversé à une association caritative. L’insurtech comprend également des services de déclaration de sinistres comme WeAssur ou Zelros et des mutuelles 100% digitales comme Alan

Les Néobanques 

Enfin, les néobanques cherchent à rivaliser avec les banques de détail traditionnelles en offrant des services en ligne plus simples et plus transparents. Parmi les plus connues nous citerons MargoBank, Qonto et Compte Nickel. Dans cette catégorie, il existe également des outils de gestion de comptabilité comme Georges ou Fred et d’open banking comme Bankin’.

Classification Fintech France

La Fintech en France 

Les caractéristiques de l’écosystème français de la fintech 

L’écosystème français de la fintech comprend un grand nombre d’acteurs de petites tailles, dont certains sont présentent des fragilités. En effet, en terme de revenu, plus de la moitié des acteurs enregistrent moins de 300 000 euros annuellement. Le nombre d’acteurs sur dans cet écosystème est cependant en constante croissance. Entre 2018 et 2019, ce marché a connu une augmentation de 27% de sa taille.

Le phénomène nouveau à ne pas manquer dans l’écosystème français en 2019 porte sur les sujets réglementaires. En effet, le nombre de Regtech s’est multiplié suite aux événements suivants : 

Le virage vers le B2B 

Sur le marché des fintechs, les modèles d’affaire grand public font difficilement leurs preuves. Les business models ne sont pas établis et le taux d’acquisition reste faible. De plus en plus de fintechs B2C se tournent ainsi vers le B2B en développant des offres pour les professionnels comme des applications en marque blanche.

En ce qui concerne les assets under management (AUM), les jeunes fintechs ayant développés des robo-advisors ont du mal à acquérir de nouveaux clients. En outre, les AUM dégagés par ces clients restent faibles par rapport à ceux des clients d’une banque traditionnelle. De surcroît, la confiance que place les clients dans les fintechs reste très marginale par rapport à celle qu’elle place chez leur conseiller financier d’origine. Cette tendance est d’autant plus vraie pour les clients plus âgés et donc ayant accumulé davantage d’épargne et de patrimoine. 

L'évolution de l’investissement dans la Fintech en France 

Il sera difficile pour les start-ups dans la fintech de rivaliser avec la capitalisation boursière de plusieurs centaines de milliards de dollars des banques traditionnelles. En outre, il existe deux tendances dans le secteur bancaire traditionnel : 

  • d’une part, de plus en plus de banques multiplient les rachats de start-ups pour diversifier leurs offres digitales. En avril 2017 à Paris, Compte Nickel, la fintech alors très prometteuse s’est vendue à la banque BNP Paribas pour 200 millions d’euros.  
  • d’autre part, certaines banques font appel à des sociétés de services numériques pour développer leur offres bancaires digitales en interne

    Par conséquent, peu de start-ups françaises réussissent à scaler et devenir des références mondiales sur le marché de la finance. Toutefois, si il n’existe pas encore de référence dans la Fintech en France, plusieurs sociétés européennes comme Adyen (NL), Klarna (SU) ou TransferWise (UK) se distinguent parmi les “licornes” dont le business est valorisé plus d’un milliard de dollars. 

En outre, l’investissement mondial dans les fintechs a explosé depuis le début de l’année 2019. Sur le premier semestre, 87 transactions ont eu lieu pour un montant total levé de plus de 116 milliards de dollars. Derrière les Etats-Unis, la France se positionne comme le deuxième pays le plus populaire pour les transactions depuis le début d’année.

En effet, en ce premier semestre, les startups de la Fintech française ont levé plus de 350 millions d’euros. Selon KPMG, ce montant est presque équivalent à celui levé sur l’ensemble de 2018 et qui constituait alors lui-même un record. 

Parmi les levées de fonds les plus notables cette année : 

  • Wynd, la solution de digitalisation des points de vente a levé 72M€
  • Younited Credit, la plateforme de crédits en ligne a levé 75M€;
  • Shift Technology, la solution de détection de fraude dans l’assurance a levé 53M€;
  • Alan, la mutuelle 100% digitale a levé 40M€;
  • Lunchr, la solution de dématérialisation de tickets restaurants a levé 30M€.

Les éléments nécessaires à la naissance d’une licorne de la Fintech française semblent désormais tous réunis !